Jean-Claude Barrey octobre - 24 - 2010
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En partance pour un nouveau stage d’éthologie équine auprès de Jean-Claude BARREY, un écrit de ce dernier est revenu à mon bon souvenir… Il date de quelques années maintenant mais j’ai souhaité vous le faire découvrir ou redécouvrir… Bonne lecture! Sandie


Pour la sauvegarde des cavaliers et des chevaux, pour la sauvegarde de l’équitation française, soyons clairs…


Les éthologues de notre station de recherche, saturés par le battage médiatique autour d’une pseudo-éthologie et inquiétés par l’adhésion de la Fédération Française d’Equitation et de nombreux cavaliers à cet endoctrinement, se mobilisent pour remettre les choses au point. Notre vocation première est de faire de la recherche et de la diffuser et non de rentrer dans des polémiques couvrant des intérêts commerciaux certains, mais alors que la Fédération Française d’Equitation officialise ces pratiques, trop c’est trop, et nous ne pouvons plus laisser dire et faire n’importe quoi sans réagir.

Tout d’abord, le discours et les pratiques des chuchoteurs, nouveaux maîtres et autres bonimenteurs ne sont en aucun cas de l’éthologie.

L’éthologie est la biologie comparée du comportement animal. C’est une science qui demande des connaissances approfondies en biologie animale, en génétique, en neurophysiologie. De plus on ne peut pas faire de l’éthologie sur une seule espèce : on ne comprendra rien au comportement d’un cheval ou de tout autre animal si on n’a pas déjà une connaissance en éthologie fondamentale et sur l’évolution des comportements liée à l’évolution du vivant. On ne peut comprendre les oiseaux que si on sait comment fonctionnent les poissons et les reptiles; pour comprendre les mammifères, il faut savoir comment fonctionnent les reptiles et les oiseaux…

Je doute fort que la génération spontanée de nouveaux maîtres en éthologie équine ait ce genre de connaissances ! On est à peu près dans le même rapport qu’entre le rebouteux et le médecin ostéopathe !

De plus, l’expression « équitation éthologique » ne veut rien dire : l’éthologie est une science d’observation, pas d’intervention sur l’animal.

Si encore leur pseudo-éthologie était sérieuse … mais ils propagent les erreurs les plus extravagantes avec un aplomb extraordinaire !


En voici quelques exemples (hélas) non exhaustifs.

Tous insistent sur le modèle prédateur/proie du rapport homme/cheval.

Heureusement, la vie d’un cheval, même dans la nature, ne consiste pas à être une proie permanente et les « programmes anti-prédateurs » de fuite ou de défense n’ont pas l’occasion de fonctionner très souvent. Pour ce qui est du prédateur, nous voyons ces manipulateurs à peu près en permanence dans des attitudes de primate chasseur, poursuivant le cheval en agitant un bâton à l’extrémité duquel est noué un morceau de bâche en plastique noir, piétiner, et autres grimaces que nous connaissons bien en primatologie dans les confrontations entre mâles. Le bâton lui-même est un morceau de tube métallique laqué blanc, coiffé d’un bouchon en caoutchouc à chaque extrémité, qui a été mis à la mode par Parelli sous le nom de « carot stick », le bâton carotte, parce qu’il s’en sert parfois pour caresser le cheval. En bref, ils ont réinventé la cravache de dressage…

Notons enfin que « prédateur » n’est pas non plus un statut, mais une activité vitale, la prédation, obligatoire pour les carnivores, et facultative pour les omnivores comme l’homme (chasseur-cueilleur). Celui-ci peut très bien adopter un comportement « cueilleur » et s’insérer dans la vie sociale du cheval qu’il faut bien entendu connaître, et non interpréter, ce qui n’est pas le cas général.

Tous prêtent au cheval une organisation sociale de type humain, et parlent de «chef», de « dominant qui dirige », de « leader ou de jument qui conduit la harde», et autres fantaisies de livres pour enfants…

Ils ignorent que la structure sociale des chevaux est une structure de petit harem en réseau (c’est-à-dire où tout le monde surveille tout le monde) d’une dizaine d’individus, poulains compris, où chacun garde son autonomie et son indépendance, et non une structure pyramidale avec un chef (où tout le monde surveille un individu : le chef). Il n’y a pas de chef chez les chevaux (rappelons qu’un chef est celui qui organise l’activité des autres, un dominant est celui qui est prioritaire dans l’accès aux biens de consommation, et un leader, celui dont l’activité paraît intéressante aux autres qui ont, pour cette raison, tendance à l’imiter sans qu’il y soit pour rien). Les règles à respecter sont de ne pas s’écarter du groupe ( l’étalon étant chargé de ramener les égarés par le herding, qui est une activité de sécurité et non une activité de chef), de respecter l’espace personnel et la priorité d’accès aux biens de consommation de ceux qui sont au-dessus dans la hiérarchie de dominance et de faire respecter les prérogatives correspondant à son propre rang par ceux qui sont en dessous. Donc, dans le groupe, personne ne dirige personne ; cela n’empêche pas un fonctionnement cohérent du groupe basé sur l’imitation sociale, l’aspiration sociale, la phobie de s’écarter et le respect de la hiérarchie de dominance, qui entraînent une auto-organisation permanente sans avoir besoin de « diriger ».

Ils ignorent qu’il existe différents types d’agressivité et pas seulement celle du prédateur (que eux même utilisent en permanence sous l’appellation « méthode douce»):

Outre l’agressivité de prédation il y a aussi l’agressivité défensive, l’agressivité de compétition sociale et l’agressivité de dérivation d’angoisse ou d’irritabilité. Elles ont des fonctions fort différentes et n’ont en commun que de mobiliser l’axe H.H.A. (hypothalamus/hypophyse/Adreno-cortical) que l’on appelle souvent « l ‘axe du mal » parce que cette mobilisation trop longue, trop violente ou trop souvent répétée est à l’origine de nombreuses pathologies.

Ils ignorent que la « soumission » obtenue par les méthode du type « join-up » est en fait une aliénation pathologique connue sous le nom de syndrome de Klüver-Bucy :

Cette pathologie est provoquée par les mises en fuite et les blocages répétés du join-up et des pratiques assimilées. Ces inhibitions de l’action cohérente du cheval entraînent une très forte activation de l’axe H.H.A. qui aboutit à « shooter » l’animal par ses propres endorphines et entraînent des lésions des noyaux amygdaliens latéraux du cerveau limbique (le cerveau des émotions) par la libération de radicaux libres provenant de mécanismes oxydatifs exagérés. Les animaux ainsi traités « manifestent une soumission extraordinaire. Ceux qui étaient sauvages et avaient peur de l’homme se sont apprivoisés et n’ont montré ni peur ni agressivité ».

© Photo Station de Recherche Pluridisciplinaire Les Metz

Ils ignorent que le niveau de développement du cerveau du cheval, pratiquement dépourvu de cellules au niveau du néocortex associatif, ne lui permet pas de «comprendre » au sens humain du mot.

Le cheval n’atteint pas le niveau de la « décentration » qui permet à l’homme de se voir et de se mettre à la place de l’autre. Il reste à un niveau égocentrique et sensori_moteur : il perçoit des sensations et il y répond en fonction des programmes propres à l’espèce, de son tempérament, de son vécu et de ses émotions. « Comprendre » n’existe pas dans le cerveau d’un cheval : il ressent et réagit puis apprend en fonction du résultat de son action qui active soit le circuit de la récompense (M.F.B.), soit le circuit de la punition (P.V.S.). Les centres de décision de l’action restent, chez le cheval, à l’étage émotif du cerveau puisqu’il ne possède pas l’étage logique dont l’homme dispose.

Ils ignorent que tout débourrage rapide fait nécessairement appel à l’inhibition conditionnée, qui mobilise le système PVS et l’axe HHA dont nous avons parlé pour la «soumission ».

Le cheval « shooté » aux endorphines se laisse évidemment monter… et la méthode paraît douce car il n’y a pas de violence apparente. Toutes les pratiques qui visent à immobiliser rapidement le cheval rentrent dans cette catégorie et certaines basculent franchement du coté de la maltraitance.

Les méthodes réellement douces font appel à « l’habituation » qui est un mécanisme physiologique de désensibilisation sensorielle progressive et non de blocage moteur. Elle a l’inconvénient d’être lente (au minimum quinze jours à trois semaines) car elle repose sur un grand nombre de répétitions des stimuli avec une intensité faible au départ puis progressivement croissante.

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Ils ignorent qu’un cheval adulte ne joue plus et que les « jeux » pratiqués ne le sont que pour l’homme…

La fonction du jeu, uniquement chez les jeunes, est de roder les programmes d’actions qui seront utiles plus tard chez l’adulte. Chez celui-ci, les programmes « ouverts » du jeu se referment et les comportements qui ressemblent tellement à du jeu ne sont plus que des fonctions d’évacuation des tensions.

Ils ignorent que les agressions et les blocages répétés qu’ils font subir en permanence à leur cheval provoquent obligatoirement à plus où moins long terme des séquelles variées.

Nous avons filmé une jument prise de coliques pendant les manipulations effectuées comme « démonstration » par un intervenant connu et apprécié du public. Voici quelques séquelles possibles liées au stress de l’inhibition de l’action, relevées dans diverses publications scientifiques :

– diminution du flux sanguin dans des zones du cerveau participant à la motivation et à la décision.

– La corticostérone produite entraîne des morts cellulaires dans l’hippocampe, partie du cerveau impliquée dans la mémoire et l’apprentissage.

– L’accoutumance aux endorphines produites entrave la prolifération des cellules granulaires du même hippocampe.

– Troubles de l’attention, de l’anticipation et de la prise de décision.

– Troubles du sommeil.

– Syndrome de résignation, syndrome de Klüver-Bucy.

– Ulcération gastrique, fréquente chez les trotteurs.

– Micro-hémorragies intestinales se traduisant par des coliques.

– Tics variés (tic aérophagique, tic à l’ours, hyperkinésie).

– Baisse importante des défenses immunitaires (hyper sensibilité aux maladies banales, au parasitisme, etc…)

– Etc…

Ils ignorent que la vision n’est pas le sens de référence du cheval, mais que c’est toujours à l’olfaction que le cheval se réfère en dernier ressort.

La position latérale des yeux lui donne une vision panoramique étendue, mais pas de vision binoculaire donnant la vision du relief. Il ne possède pas de fovéa sur laquelle l’oeil humain centre les images à l’aide des muscles oculo-moteurs. Ses cellules ganglionaires sensibles sont concentrées sur une étroite ligne naso-temporale, et le sens du relief est provoqué par le déplacement de l’image le long de cette ligne, l’oeil restant relativement fixe. Pour percevoir le relief, il faut donc que l’objet soit en mouvement par rapport au cheval ou que lui-même se déplace par rapport à l’objet. Cela est particulièrement important pour la perception du relief d’un obstacle et l’on voit bien que, dans un saut de pied ferme, soit il saute avec une très grande marge de sécurité, soit il passe carrément à travers. D’autres caractères, comme la forme non sphérique de la cornée et un nombre d’aires visuelles dans le cerveau plus réduit que nous, le spécialise dans la détection très fine du moindre mouvement. Mais, par ailleurs, il essayera toujours de vérifier ce qu’il a vu en allant sentir, l’olfaction restant son sens de référence. L’audition, elle, par la position des oreilles, indique vers quoi le cheval porte son attention, et les deux oreilles tournées vers l’arrière, mais non plaquées, indiquent qu’il porte son attention vers ses sensations corporelles, par exemple lorsque nous utilisons une action des aides.

Ils ignorent que faire faire demi-tour à un cheval sur la piste, tête vers l’extérieur, en lui barrant le passage, constitue une agression caractérisée (un chien de chasse fait ainsi changer de direction l’animal qu’il poursuit) provoquant fuite et stress.

De récents enregistrements au cardio-fréquencemètre effectués dans notre station sur le changement de main par aspiration vers l’intérieur et par barrage et demi-tour par l’extérieur, ont montré que la première méthode, pour un cheval donné, maintenait le rythme cardiaque aux environs de 130 pulsations et entraînait même une baisse de plusieurs points pendant le mouvement. Au contraire, la seconde méthode entraîne un pic brutal de fréquence qui monte aux environs de 200 pulsations. Il en est de même pour les pratiques du genre join-up qui entraîne, non plus un pic, mais un large palier durable à cette fréquence très élevée.

CONCLUSION

Nous arrêterons là cette énumération, car on pourrait écrire un livre entier avec ce qu’ils ignorent et enseignent néanmoins avec aplomb, sans aucune qualification ou avec des diplômes auto-créés au dépend de ceux qui ont passé du temps à obtenir un B.E.

L’analyse éthologique des écrits, des discours et des pratiques sur le terrain de chacun d’eux qui a été entreprise par notre station de recherche fait ressortir que :

– Tous sont des manipulateurs efficaces de chevaux (et pas seulement de chevaux !), se préoccupant peu du bien fondé de leur discours ou de leur pratique du moment qu’ils obtiennent des résultats rapides et, de préférence spectaculaires, ce que Georges Charpak appelle « l’effet Barnum ».

– Ils utilisent des méthodes qui n’ont rien de nouveau puisqu’elles sont utilisées depuis des décennies dans le dressage des chevaux de cirque que nous avons étudié dès les années soixante. Elles sont basées sur des conditionnements de type S et sur des inhibitions conditionnées qui ont pour résultat de « robotiser » le cheval, ce qui est utile pour le spectacle mais mène à une impasse en ce qui concerne l’équitation classique.

– Leurs écrits et leurs discours, particulièrement adroits, sont très plaisants et correspondent très bien au discours que les cavaliers, déçus de la pédagogie actuelle, sont heureux d’entendre. Les mots respect , confiance, accord du cheval, etc. reviennent sans cesse alors qu’il faudrait parler d’aliénation.

– Car, malheureusement, leur pratique ne correspond jamais au discours qui l’accompagne. Cette pratique est d’autant plus dangereuse que la violence qu’elle utilise n’est pas une violence visible de l’extérieur. Elle s’apparente plutôt à ce qu’on connaît chez l’homme sous le nom de « lavage de cerveau ». Nous avons vu et enregistré un cheval faire une colique et un autre s’arrêter en sueur, la verge pendante, ce qui signe un taux élevé d’endorphine dans le sang.

Les méthodes classiques de débourrage avec travail à la longe suivi de travail aux longues rênes, avant tout travail monté, exécuté en prenant du temps (en moyenne un mois), et le travail monté correctement pratiqué selon les principes de l’Ecole Française sont certainement plus douces.

Il est certain que la pédagogie et la pratique dans l’Ecole Française nécessiteraient un dépoussiérage utilisant les connaissances récentes en éthologie scientifique, en neurophysiologie (isopraxie, neurones miroirs…), en biomécanique, etc. si nous souhaitons que l’objectif, dans notre pays, ne s’oriente pas uniquement vers une équitation de tout terrain, sans selle et sans embouchure, … et avec un grand chapeau!

Jean-Claude BARREY

Pour en savoir plus:

La Station de recherche Pluridisciplinaires Les Metz

– Les billets de Jean-Claude: Les chevaux et leurs cousins: les ânes et Votre cheval est-il heureux?

11 Responses to “Ethologie: méfiez-vous des contrefaçons…”

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    aec
    novembre 9th, 2010 at 17:13

    LUTTE CONTRE L’HIPPOPHAGIE

    NON ! UN CHEVAL CA NE SE MANGE PAS !

    Obtenez un autocollant gratuit en écrivant à :
    AEC
    Résidence La Pléiade
    98, rue de Canteleu
    59000 LILLE

    Joindre une enveloppe timbrée pour le retour du courrier.

    Merci aussi de visiter les sites :

    http://aec89.site.voila.fr

    http://www.dailymotion.com/apocalipsflo/video/xan6v_hippophagie

    http://www.reseaulibre.net/rage/video3.html

    REJOIGNEZ LE GROUPE SUR :
    http://www.facebook.com:80/group.php?gid=63542203218

    Faites passer le message à vos amis.

    Amitiés.

    AEC.

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    Cmaque
    avril 14th, 2011 at 12:45

    Ce qui est décrit là est irréfutable et une analyse objective des pratiques des plupart des auto-déclaré-chuchoteurs, qui sèment beaucoup de désordre et de mauvaises pratiques.

    Cependant, n’y a-t-il pas des réflexions, des ouvertures, à prendre de certains « comportementalistes » ? Y a-t-il tout à jeter dans du Parelli ? ou dans des approches plus modestes telle que celle de Véronique de St Vaulry ?

    Je serais très heureuse de pouvoir lire votre réponse à ces questions.

    Cordialement.

    avatar
    Pauline
    juin 20th, 2011 at 15:22

    J’appuie le commentaire de Cmaque.

    Votre article critique, dénonce et remet en cause les pratiques « d’aujourd’hui ». Mais vous ne proposez pas de solution pour remplacer, compléter, transformer ces pratiques …

    J’aurais aimé quelques éclairages de ce type.

    Cordialement.

    avatar
    Sandie
    juin 24th, 2011 at 18:15

    Bonjour Pauline,
    Merci pour votre commentaire.
    Depuis de longues années, Jean-Claude applique ses recherches en éthologie à l’équitation… L’article ici n’avait pas pour but de présenter « ses solutions » mais de « dénoncer » comme vous dites…
    Pour en savoir plus sur ce que Jean-Claude propose je vous invite à lire ses autres billets sur le blog et à vous procurer son livre.

    – Cohabitation et relations homme-cheval # 1: Rappel sur les bases du comportement du cheval http://www.mediation-animale.org/cohabitation-et-relations-homme-cheval-1/
    – Cohabitation et relations homme-cheval # 2: l’environnement imposé au cheval http://www.mediation-animale.org/cohabitation-et-relations-homme-cheval-2/
    – Jean-Claude BARREY et Christine LAZIER, « Ethologie et écologie équines – Étude des relations des chevaux entre eux, avec leur milieu et avec l’homme », Editions Vigot, 2010, 208 p., 35 euros
    http://www.mediation-animale.org/nouvel-ouvrage-ethologie-et-ecologie-equines-de-j-c-barrey/
    – Votre cheval est-il heureux? http://www.mediation-animale.org/votre-cheval-est-il-heureux/
    – Les chevaux et leurs cousins: les ânes http://www.mediation-animale.org/les-chevaux-et-leurs-cousins-les-anes/

    Sinon je vous conseille de prendre directement contact avec lui à la Station de Recherche Pluridisciplinaire des Metz dans l’Yonne.
    A bientôt
    Sandie

    avatar
    anne-so
    mars 9th, 2012 at 12:01

    Bonjour,
    Cette réflexion n’est-elle pas un peu « extrémiste ».
    Je suis entièrement d’accord avec tout ce qui est écrit dans cet article et pourtant je pratique l’équitation dite éthologique…
    Ne faudrait-il pas dissocier les « charlatans » de plus en plus nombreux sur le « marché » qui disent pouvoir débourrer un cheval en trois jours en leur faisant un lavage de cerveau et ceux qui se nourrissent des recherches en éthologie pour être le plus juste possible avec les chevaux.
    Non je ne pratique pas le « join-up », et tous les exercices effectués avec le cheval se font dans le calme et au pas et je ne pense pas que la fréquence cardiaque de mon cheval joue au yoyo… en permanence.
    Il est sûr qu’avec certains chevaux particulièrement inquiets et traumatisés, les nouvelles choses sont synonymes des stress mais tout le travail consiste à désamorcer ces situations pour que la prochaine fois tout se fasse dans la décontraction.

    Amicalement

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    Moulinette
    avril 13th, 2012 at 7:47

    Certes il faut reconsidérer l’équitation classique dont le discours a fini par s’éloigner des principes de nos anciens maîtres, certes il faut se méfier,beaucoup, des charlatans qui viennent nous parler d’équitation ethologique, mais il faut aussi ouvrir son esprit vers cette nouvelle mode qui nous vient d’outre Atlantique et qui a beaucoup à apporter et aux chevaux et aux cavaliers et à l’équitation tout court.
    Informez vous et vous verrez que tous les « grands chapeaux » (surtout à moustaches !) ne sont pas forcément des boeufs et qu’il existe là bas aussi d’autres écoles qui préconisent un travail tout en douceur et en finesse recquiérant une « adhésion totale du cheval avec la moindre contrainte » afin de parvenir au dressage le plus fin possible et pas forcément avec des outils dignes du moyen age.
    Si si je vous assure, ça existe et bien plus qu’on le ne voit à la télé ou sur le net….

    avatar
    lebourgeois
    juillet 18th, 2013 at 19:05

    après avoir travailler pour des cavaliers tes que Caron, Wauters, Pessoa merci!!!!!! Je me sens moins seul..

    avatar
    marjorie
    septembre 30th, 2013 at 9:04

    Bonjour,

    Bien que je sois totalement d’accord avec le fait que chacun doit faire attention à ce qu’il entend et ce qui se fait…je pense que cela est le cas pour tout les enseignements..!!! En effet, dans les rang de l’équitation éthologique, beaucoup « d’erreurs » sont faites, et les techniques « douces » des chuchoteurs ne sont pas douces… Il faut cependant remettre tout cela dans le contexte… L’équitation dite éthologique est née aux Etat Unis, à une époque ou les américains avaient besoin de trouver des techniques moins dures pour entrer en relation avec les chevaux…Ce qu’il ont fait… Le vrai problème est que cela a été transposé en France sous le terme « d’équitation éthologique » semant la confusion dans la tête du grand public entre éthologie et équitation éthologique… L’éthologie est l’observation du comportement animal, ce qui amène la téflexion sur le comportement du cheval et sur le comment l’aborder, entrer en interaction avec lui…. L’équitation éthologique donne des recettes des méthodes toutes faite, qui n’amène pas forcément la personne à s’interroger…
    L’important n’est donc pas de savoir ce qui est enseigner, mais de comment on se l’approprie, de quelle réflexion faisons nous de ce que nous apprenons…

    De plus il faut savoir qu’aujourd’hui…que même les éthologues scientifiques ne sont pas d’accord entre eux sur certain point….exemple : bien sur que le cheval adulte joue !!! Les membres des groupes de mâles célibataires chez les przewalski jouent entre eux, par exemple….ou l’étalon chef de famille, joue avec les poulain…

    Le tout n’es il pas d’apprendre à observer…. et d’apprendre à analyser afin de pouvoir tirer le meilleur de chaque enseignement…

    avatar
    MELENDEZ Benjamin
    novembre 5th, 2013 at 9:55

    D’accord avec tout ce qui a été dit dans l’article, sauf en ce qui concerne le jeu: les chevaux adultes jouent, tels les jeunes mâles qui se rassemblent en clubs de célibataire et pratique le jeu dit du « roi de la Colline ». Les juments jouent aussi entre elles quand elles ont un lien profond: une mère et sa fille, deux soeurs… Les entiers chefs de harems jouent avec les poulains…et mon hongre de 18 ans joue avec ses congénères de pré, qu’ils soient hongres comme lui, entiers ou juments…
    Les Nord-Amérindiens ont vite compris que ce qui prime dans la relation avec un cheval c’est la confiance et le plaisir, pour le cheval comme pour le cavalier. Leur cheval était leur ami avant d’être leur véhicule, rien d’étonnant donc à ce que l’Apache qui rentrait dans un troupeau de 200 têtes voie aussitôt son cheval personnel le rejoindre… Quand je vois des propriétaires courir une demi heure après leur monture avant de l’attraper en la bloquant dans un coin, je me dit qu’ils feraient d’arrêter de la monter pendant un mois et de tout reprendre à zéro: il faut qu’ils apprivoisent leur cheval. Pour cela, rien de tel que quelque chose que le cheval ne peut se fournir tout seul ou par l’intermédiaire d’un congénère, les massages et gratouilles à des endroits difficiles ou impossibles à atteindre pour le cheval sont très efficaces à cet effet: j’ai personnellement remis en confiance des chevaux traumatisés à l’aide de cette méthode qui demande de la patience, du tact, de la douceur et une bonne dose d’abnégation de la part du cavalier.

    avatar
    Camille
    février 24th, 2014 at 13:20

    J’ai lu votre article avec beaucoup d’intérêt, car pour une fois, il apporte un éclairage scientifique sur les réactions biologiques du cheval au cours de son apprentissage. Serait-il possible, si elles existent, d’avoir accès aux publications scientifiques qui traitent des mesures dont vous parlez lors de manipulations par des soit-disant « chuchoteurs »?
    Par ailleurs, même si je comprends intrinsèquement que les join-up puissent être traumatisants pour les chevaux, de même qu’un débourrage trop rapide, j’ai du mal à comprendre le lien direct entre maltraitance et libération importante d’endorphines. En effet, les endorphines sont les hormones liées à la gestion du stress, mais aussi aux efforts physiques et au plaisir. Elles peuvent également être libérées chez l’humain en cas de dépense physique intense, comme un footing par exemple. Dans le cas d’un join-up, les endorphines peuvent donc être libérées par l’effort physique du cheval, tout autant que par la peur. Le résultat est effectivement que le cheval est plus détendu (tout comme un humain après un footing), plus zen. Mais l’association directe qui est faite dans votre article entre « peur –> endorphines –> soumission » pourrait très bien être en fait « effort physique –> endorphines –> détente ». Comment faites-vous la différence entre ces 2 chaînes réactionnelles ?
    En tout état de cause, je ne remets pas en question ce que vous dénoncez dans l’article, à savoir que certains « chuchoteurs » ne respectent pas le cheval et cherchent la « soumission » avant tout autre chose. En revanche, l’équitation classique n’est pas plus respectueuse. Il s’agit souvent d’une histoire de personne plus que de style d’équitation. Dans l’équitation dite classique, il existe encore des professionnels qui débourrent en 2 jours un poulain de 2 ans et demi, en lui posant la selle et le cavalier sur le dos en 10 minutes, ce qui est dangereux pour le poulain comme pour le cavalier.
    D’un autre côté, il existe également, dans toutes les disciplines, des personnes qui manipulent les chevaux dans le respect de leur âge, de leur conformation et qui prennent le temps qu’il faut en fonction de chaque cheval, menant ainsi à des relations de confiance humain/cheval. Ceci passe évidemment par l’observation et l’écoute de l’animal. Même si les travaux des éthologues scientifiques peuvent aider beaucoup dans la compréhension des comportements globaux des chevaux, le feeling du cavalier est très important pour manipuler un seul cheval, qui a son mode de réaction personnel en fonction de son histoire, tout cela, bien sûr intégré dans son monde équin.
    Personnellement, d’une manière générale, je pense qu’il faut se méfier de ce qui a l’air de solutions miracles, trop faciles et trop rapides. Ceci est valable non seulement pour les « débourrages éclairs » comme pour le reste (perdez 30 kilos en 3 semaines, gagnez 10 000 euros en 1 clic…).

    avatar
    dani dan
    février 4th, 2016 at 13:04

    Bonjour,
    l’article permet de rendre au mot « éthologie » sa vraie définition et c’était vraiment nécessaire. Néanmoins, les chevaux adultes jouent. J’en ai encore été témoin hier. Cela pourrait être considéré par un scientifique comme une erreur d’interprétation d’un comportement mettant en jeu des relations interindividuelles que je n’aurais pas perçues . Ils jouent quand il fait soleil, après une logue période pluvieuse,par exemple. Ils jouent au retour d’une ballade, après s’être roulés, ils jouent entre vieux compagnons, entre hongres et juments, entre compagnons de longue date. Il n’y a pas forcément d’enjeu, ni de raison « scientifique ».
    Il est clair que la Fédération s’est emparée de cette mode à des fins lucratives, en en faisant ce qu’elle a malheureusement fait de l’équitation classique : un programme allégé, qui prend des raccourcis dangereux en simplifiant à l’extrême des méthodes qui semblent pour beaucoup de cavaliers, des recettes miracles à leur incompétence. Et surtout, en oubliant que ces pratiques dites « douces », peuvent effectivement être violentes entre de mauvaises mains. Toutefois, il faut prendre garde à ne pas jeter l’opprobre sur l’ensemble des « chuchoteurs », cette mode a au moins le mérite d’avoir diminué les coups de cravache et de chambrières qui s’abattaient sur les chevaux et d’avoir incité à une remise en cause et une réflexion sur la pratique de l’équitation et de la relation au cheval . Les différentes méthodes appliquent, au fond, les mêmes principes de base. Une mention à part pour le join up : au départ pratiqué en pleine nature par Monty Roberts dans le but d’attraper un ou plusieurs mustangs dans un herd, le fait de pousser le cheval aussi fort dans un rond met en danger à minima son intégrité physique. Je l’ai pratiqué avec des juments suitées demi-sauvages dans des prairies de 6 hectares et ça fonctionne. Toutefois, il ne s’agit pas de faire courir le cheval mais de l’empêcher de se poser, ce qui est différent. les faire courir jusqu’à épuisement permet probablement d’aller plus vite… Si c’est mal fait, c’est à dire sans tact, on obtient l’effet inverse. Je rejoins complètement l’avis de Camille un peu plus haut : tout est une question de feeling, de justesse et d’à propos. Question : prenons un cheval sauvage et menons le dans un endroit clos . Mettons maintenant un cow-boy chuchoteur avec lui, qui va pratiquer le join-up et la désensibilisation et parvenir à ce que le cheval vienne vers lui dans l’attitude caractéristique de ce moment là. Confions ce même cheval à un cavalier classique : que va-t-il faire ? Il faudra bien qu’il tente d’approcher ce cheval n’est-ce pas ? Que fera le cavalier alors ? Il va avancer, reculer puis retenter sa chance jusqu’à ce que le cheval se laisse approcher puis toucher, tout en restant sur ses gardes. Dans le premier cas, l’homme décide de faire bouger le cheval jusqu’à ce qu’il se pose, dans le second, le cheval finit par s’habituer aux tentatives d’approches répétées de l’humain. Dans les 2 cas, il passera par une période de stress intense. Laquelle est la meilleure ? Pas en terme de temps, mais de sécurité pour les 2 , qu’en est-il du capital confiance du cheval à l’issue de la séance entre ces 2 pratiques ? Il y a de bonnes choses dans toutes les pratiques mais ce qui manque le plus c’est la connaissance éthologique du cheval,et un réel enseignement fondé sur l’équitation de tradition, et non de l’animation ludique avec des chevaux…Alors, les cavaliers seront à même d’appréhender, de comprendre les différentes méthodes et de faire leur choix.

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