L’atelier à médiation animale: l’impact de l’attachement au chien sur le développement des compétences socles des enfants déficients mentaux insécures
Enfin, le retour des billets sur la médiation animale!! Aujourd’hui, Natacha vous propose un résumé de son mémoire de Master 1 en psychologie clinique et pathologique. J’ai plaisir à vous préciser que Natacha a fait un travail de grande qualité qui a « conquis » le jury de l’université! Bravo à elle pour cette recherche, sa détermination et son engagementà nos côtés!
Bonne lecture! Sandie
Dans le cadre de mon stage de Master 1 mention psychologie clinique et pathologie, j’ai pu participer activement et mener aux côtés d’une psychologue clinicienne, des ateliers à médiation animale auprès d’enfants présentant des problématiques diverses. La population d’enfants « bénéficiaires » de ces interventions qui a retenu particulièrement mon attention de part la richesse des éléments cliniques observables sur le terrain, est une population d’enfants présentant une déficience mentale. Après une phase d’observation de l’interaction de ces enfants avec le chien amené sur les ateliers, j’ai pu repérer chez ces enfants des éléments relevant d’une insécurité affective. L’animal de part sa quête continuelle d’élan à l’interaction et de comportements affiliatifs, leur permettait alors de révéler des comportements adaptatifs insoupçonnés. Ce constat clinique m’a donc amené à me poser la question de l’impact de cette relation à l’animal sur le développement affectif et relationnelle des enfants déficients mentaux.
Mon développement théorique a permis de mettre en avant le lien possible, dans une perspective multifactorielle, entre la déficience mentale et les troubles de l’attachement. Dans une analyse hypothético déductive j’ai pu observer qu’un attachement insécure pouvait être un des facteurs étiologiques de la déficience mentale. De plus, la médiation animale, a fait ses preuves en terme de restauration de la sécurité affective, à travers la relation à l’animale et en terme de développement des compétences socles. A l’issue de ces apports théoriques j’ai ainsi posé l’hypothèse de travail suivante : les ateliers à médiation animale permettent aux enfants déficients mentaux présentant un attachement insécure de « restaurer » une sécurité affective à travers la relation à l’animal, ce qui permet un développement positif de leurs compétences socles.
Un échantillon de huit sujets de neuf ans d’âge moyen a bénéficié de ces ateliers sur une durée de dix mois, à raison d’une fois tous les quinze jours. Scolarisés en Classe d’Intégration Scolaire (déficience mentale légère), ces enfants ont été soumis à un test permettant de déterminer leur qualité d’attachement qui s’est révélée être majoritairement insécure. Un questionnaire d’évaluation de l’attachement au chien de l’atelier, a été rempli à la fin des séances par notre échantillon, afin d’apprécier l’impact en terme de « restauration » de la sécurité affective. De plus, une grille d’observation des compétences socles, élaborée pour les besoin de l’étude, a été remplie avec deux temps de mesure (début/fin), par les professionnels intervenant sur les ateliers.
Au vu de nos résultats, les enfants déficients mentaux de l’échantillon sont insécures et développent leurs compétences socles lors des ateliers à médiation animale. Il est maintenant évident que ces ateliers ont un impact thérapeutique sur le développement relationnel et affectif des enfants de l’échantillon. Cependant l’hypothèse de lien entre le degré d’attachement à l’animal et le développement positif des compétences est infirmée.
Ma discussion a alors permis une réflexion clinique complémentaire, permettant d’interpréter le rejet de cette hypothèse. En effet, j’ai évalué seulement la relation au chien et omis les attachements multiples que peuvent créer ces enfants avec les intervenants et leurs pairs au sein de l’atelier. L’impact thérapeutique est également dû à l’environnement et à l’accompagnement contenant par le psychologue clinicien. Le rôle de ce dernier, au sein des ateliers, est alors primordial dans l’évaluation de cette pratique et dans l’encadrement de l’interaction entre l’animal et l’enfant. Il permet de mettre en mot les actions de l’enfant et de lui permettre d’exprimer ses émotions et ses difficultés.
Les résultats obtenus par cette recherche sont encourageants et s’inscrivent dans une perspective clinique. Ils permettent, selon les limites soulevées, d’adapter le travail sur le terrain lors de la reconduction des ateliers l’année prochaine. D’autre part, cette étude permet d’interroger l’évaluation globale de cette prise en charge offerte au psychologue clinicien dans l’exercice de sa pratique. Enfin, ce travail met en avant la pertinence de proposer une orientation vers des ateliers à médiation animale aux enfants présentant un tel profil.
Natacha


























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