Dr Didier Vernay avril - 7 - 2009
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Aujourd’hui, Didier VERNAY nous présente le GERMA! Il en est le coordinnateur! Vos commentaires sont les bienvenus; alors n’hésitez pas. Bonne lecture!

« Le blé germe d’abord dans l’esprit » Proverbe Mongol

Que signifie GERMA ?

Le GERMA est le Groupe d’Etude et de Recherche sur la Médiation Animale. Le GERMA a pour objectif la mise au point d’une charte des bonnes pratiques des Activités Associant l’Animal (AAA) et de proposer le contenu, un mode d’organisation, de validation et de suivi des formations des intervenants dans les pratiques de médiation animale. 20 personnes issues des milieux associatifs et professionnels représentatifs du monde de la relation humaine (soins, éducation, action sociale) et du monde de l’animal (chien, cheval et fermes thérapeutiques) sont les membres de cette équipe pluridisciplinaire[1].

Pourquoi ce groupe ?

Les initiatives concernant l’AAA et la demande concernant la formation est en forte augmentation. Pour les intervenants, faute de référent dans ce secteur, de nombreuses initiatives émergent. Cela témoigne de la vitalité du mouvement concernant les AAA et du potentiel de développement de celles-ci, mais s’accompagne également de dérives regrettables [2] , dont certaines peuvent s’avérer contre-productives au regard de la valeur de nos actions et de notre image sociale. Pour un horizon du contexte de l’AAA Francophone, je vous renvoie à ma contribution aux Rencontres « Animal et Société » réunies sous l’égide du ministre de l’Agriculture et de la Pêche. Il est donc logique et stratégique de tenter de réunir des personnes expérimentées et moralement reconnues – issues de milieux divers et représentatifs de différentes disciplines et pratiques – pour essayer de définir ce qui nous fédère tant au niveau des valeurs que des principes concrets et de le médiatiser afin de proposer un « label » de l’AAA éthique.

Quelle est votre méthode de travail ?

Compte tenu de notre répartition géographique nationale et des engagements professionnels et associatifs respectifs la méthode alterne réunion (sur Paris au siège de la Société Centrale Canine – SCC) et un travail en réseau sur un forum dédié mis à notre disposition par Résilienfance sur le blog « Médiation Animale ». Cela nous a permis d’apporter des contributions dans différentes rubriques thématiques, chaque rubrique étant sous la responsabilité de rapporteurs.

Où en êtes vous de l’avancement de vos travaux ?


Nous nous sommes réunis 2 fois en décembre 2008 et mars 2009. Notre prochaine réunion est le 3 juin à Paris. Notre objectif pour cette réunion à venir est d’avoir rédigé collectivement sur le blog une première version (V-1) de la charte des bonnes pratiques afin de disposer d’un document de travail. A l’issue de la réunion du 3 juin, nous devrions donc être en mesure de diffuser pour avis critique une version (V-2) auprès de personnalités extérieures à notre groupe tant en France qu’a l’étranger. Ensuite à partir de ces critiques nous ferons évoluer le document et procéderons éventuellement à nouveau à une concertation externe plus ou moins ciblée en fonction des problèmes rencontrés.

Et la formation ?


La réflexion sur la formation est engagée. Mais celle-ci est implicitement liée au statut des intervenants et donc liée au contenu de la charte. Par ailleurs c’est un sujet probablement moins consensuel en raison des différences d’interprétation sur le contenu « d’une action de thérapie » et sur le fait que les acteurs sont issus de milieux différents (monde du cheval, du chien, des fermes pédagogiques et thérapeutiques, du monde du soins et de la relation. . ). Il importe donc dans un premier temps à travers la charte de clarifier les cursus, statuts et conditions de la pratique, dans un deuxième temps cela permettra de rechercher (de trouver) les options respectueuses des exigences de chacun en matière de formation. L’une des options en cours est le dépôt d’un dossier de DU « Relation d’Aide par la Médiation Animale » pour 2010 à la Fac de Médecine de Clermont-Fd afin de proposer aux « non thérapeutes » professionnels une formation de qualité leur permettant de revendiquer un statut et un cadre de travail reconnu.

Quel est votre calendrier ?


Comme tout organisme vivant, notre propre mort est programmée. L’expérience de l’animation des groupes m’a appris que ce paramètre est important ; fin 2009 nous devons avoir remis nos copies. A quoi bon traîner plus si nous n’y arrivons pas en un an ! Notre objectif est de publier dans toutes les options. Si nous réussissons, nous diffuserons la charte et les guidelines pour les formations et saisirons les interlocuteurs institutionnels concernés. Si nous échouons notre réflexion, la mise en lumière de nos points de désaccords peuvent être une base féconde pour faire rebondir un autre groupe, peut être plus centré sur une thématique ou un type de pratique. . . .

Quels sont vos partenaires ?

Nous sommes aidés pour l’organisation logistique par la SCC (Société Centrale Canine) qui nous accueille lors des réunions, par Résilienfance pour le blog, par l’AFIRAC (aide à la coordination) et par l’Association ARDRA (Association pour la Recherche et de Développement de la Rééducation en Auvergne) dont je suis le président est qui prends en charge la gestion et la coordination. La fondation A & P SOMMER nous soutient financièrement.

Comment participer à votre réflexion ?


En réagissant à ces quelques réflexions et en prenant contact directement avec les membres du GERMA que vous connaissez pour un échange direct. En se signalant si vous être intéressé par la lecture critique de la version V-2 de la charte. En effet le groupe est par essence limité dans son effectif pour des raisons d’organisation, de finances, de taille critique optimale pour échanger, mais il n’est pas omniscient et à besoin d’œil, d’oreilles, de museaux et de pattes neuves.

Dr Didier Vernay

[1] Membres du GERMA : Boris Albrecht (Fondation SOMMER), Sandie Belair (Résilienfance), Isabelle De Tournemire (Parole de chiens), Edwige Foulon et Margaux Foulon (Les Jardins de l’Estang), Robert Kohler (Maison de retraite La Roselière), : Marie-Claude Lebret (Handi-Chien, Ministère de l’Agriculture), Brigitte Martin (FENTAC), Anne-Sophie Mathieu (Association Pas à Pas), Noël Orsat (Tourisme Equestre), Nicolas Perez (Résilienfance), Jean-Paul Petitdidier (SCC), Catherine Ringuier (Parole de chiens), Catherine Roblin (AFIRAC), Pierre Rybarczyk (ARDRA, Chiens et compagnie), Martine Roegel (jeunesse et sport), Eric Trivellin (SCC, cynothérapie), Didier Vernay (ARDRA, AFIRAC, FITRAM), Margueritte Weith (FEETAC, FITRAM).

[2] Ex : dépôts légal récent du terme « chien visiteur » par un éducateur canin, dérives mercantiles, couvertures médiatiques discutables . . . .

6 Responses to “Vous avez dit GERMA? Questions/réponses!”

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    Annick
    avril 10th, 2009 at 7:51

    Sincérement des groupes de réflexions comme le votre font du bien, car en matière de médiation animale on voit de tout !

    Enfin un peu de sérieux, d’honnéteté intellectuelle et de contenu !
    GERMA is born ! vive GERMA !
    Où-est-ce qu’on signe ?
    Annick (qui n’a jusqu’à présent signé nulle part !)

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    Nicolas E
    avril 16th, 2009 at 10:13

    Bonjour à tous,

    Effectivement, on ne peut que se réjouir du fait que des groupes de réflexion se créent, cherchent à regrouper des organisations, aient une force de proposition et donnent un certain dynamisme aux AAA.

    Pour autant, si « le blé germe d’abord dans l’esprit », « un bleuet est de trop dans un champ de blé, et pourtant qui peut nier que c’est à lui que celui-ci doit son éclat ? ».
    Nous sommes nombreux et divers, et je ne peux m’empêcher de penser à l’article de N. Perez : http://www.mediation-animale.org/des-definitions-communes/
    Nous cherchons à nous regrouper, mais plus nous tentons de le faire, et plus nous nous dispersons. Nous créons des groupes nationaux, internationaux, ou thématiques, des fédérations, des fédérations de fédérations, des fédérations de fédérations nationales, européennes, francophones, internationales pour aboutir où ? Sans vouloir être offensant, j’ai un peu l’impression que ce sont toujours les mêmes qui sont regroupés partout, et qui au lieu de chercher à rallier ceux qui existent déjà pour augmenter nos forces, préfèrent faire des petits entre eux.

    Je sais bien que c’est facile de le dire, mais compte tenu de la diversité du monde des AAA, comment considérer que seuls 20 membres qui sont pour la majorité déjà regroupés (directement ou indirectement) à la Fitram peuvent constituer une représentation nouvelle et incontestable ? Et ce alors même que d’autres acteurs majeurs – et pour ne parler que du domaine équestre français que je connais, citons Handicheval (plus importante fédération en nombre d’adhérents), la FFE (qui est le premier lieu de pratique des AAA), ou la SFE (plus important organisme de formation en nombre de thérapeutes formés) n’aient pas même été contactés ?

    Aussi oui, définir un référentiel commun de bonnes pratiques est un projet louable, pour autant n’est-ce pas aussi prendre le risque de brouiller encore un peu davantage notre lisibilité en créant encore un nouveau groupement, et encore une nouvelle charte (après celle du Gietac, de la Fitram, de la SFE, de l’IFZ, et sans compter celles liées à nos professions initiales) ? Peut-on aussi imaginer qu’une charte commune à des pratiques allant de la delphinothérapie au contact avec des lapins en cage puisse satisfaire tout le monde et ne pas nécessiter des réaménagements et précisions selon les branches et les objectifs de chaque pratique ?
    Qu’est-ce que le public pourra comprendre et retenir du GERMA dans le paysage de la médiation ?

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    Dr Didier Vernay
    avril 16th, 2009 at 11:42

    Vos remarques sont toniques et fondées. Je vais essayer d’apporter quelques éclairages :

    – si vous avez bien lu le texte, le GERMA est effectivement un « groupe de plus » mais dont la vocation est de disparaître à la fin de l’année, en laissant ou non un matériel intéressant pour la communauté des personnes impliquées dans les cations d’AAA. A nous de jouer !

    – le GERMA n’est pas un figé : il y a un noyau de départ car la taille critique optimale nécessite cela pour produire une première version. Le but second est la concertation critique large sur cette base, mais au final il faudra bien proposer des arbitrages et faire des propositions ; donc avoir un groupe resserré. Cela à des avantages et des inconvénients . . . mais peut-on procéder autrement ? Avec quels moyens ? Quelle organisation ?

    – j’assume la représentativité canine qui est mon domaine. Pour le cheval, il faudrait discuter avec les personnes concernées, mais Handi-Cheval à ma connaissance est présent à travers Anne-Sophie Mathieu. Vous pensez qu’il y a des lacunes majeures dans le domaine équin, merci de le dire et je fais circuler l’info au sein du groupe. Je vous invite à prendre acte pour la concertation critique des versions initiales, c’est le sens de mon billet sur le blog.

    – La dimension transversale (pour une part) de la démarche est un challenge, qui je le reconnais est influencé par ma personnalité et mon parcours. Chaque fois que j’ai pu voir fonctionner ensemble des intervenants de disciplines et de cultures différentes, j’ai été émerveillé par « l’inter- fécondité » que cela nous apportait tous. Je n’ai jamais trouvé mieux, mais cela nécessite un état d’esprit adéquat. La « mayonnaise » ne prend pas toujours, mais le jeu en vaut la chandelle. Nous sommes un pays où la pluridisciplinarité n’est pas culturellement acquise et chacun dépense beaucoup d’énergie à baliser ses spécificités . . . Le pari du GERMA est que l’on puisse pour une part s’épargner cela, disposer d’une base commune consensuelle, et que, chacun sur cette base puisse affirmer ses spécificités ou orientations. Libre à chacun d’adhérer ou non à ce qui sera proposé.

    – Le public n’aura (historiquement parlant) rien à penser du GERMA puisque s’il laisse une trace c’est par ce qu’il aura – éventuellement – produit, mais il n’existera plus et ce sont les acteurs des AAA qui utiliseront ou non, et définiront les modes d’exercices et de formations à venir.

    – Pour revenir à la motivation initiale, comme vous, nous constatons la dispersion, cela témoigne d’une forme de richesse (il y a beaucoup de choses en chantier et dans de nombreux domaines) mais il y a aussi le besoin ressenti par beaucoup d’entre nous de bénéficier d’un référentiel éthique commun et de se rencontrer sur cette base quelque soit notre pratique ou discipline. Bref, il y à probablement des familles, des meutes, des hordes, des clans . . . d’AAA en devenir, nous recherchons le(a) nôtre.

    Merci de ces commentaires stimulants et je suis ouvert pour prolonger cet échange
    Didier Vernay

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    Nicolas E.
    avril 17th, 2009 at 20:32

    Bonsoir et merci pour votre réponse, non moins tonique et fondée !

    Je revois un peu mon opinion. Disons que ce qui m’interpelle est surtout le fait de constituer un groupe identifié qui ajoute une représentativité difficile à situer pour le public non-initié. Mais ma crainte n’a pas raison d’être si le groupe n’a effectivement pas de devenir institutionnel.
    Concernant la constitution du noyau de base, je reste en revanche plus réservé, sachant qu’un bonne majorité des présents sont déjà des organismes ayant des liens plus ou moins directs (certains étant même déjà adhérents d’autres) : je regrette donc qu’une ouverture plus large n’ait pas été possible dès le départ, ce qui aurait été une excellente occasion pour mettre davantage de « familles » autour de la table, et faire en sorte que la transversalité des pratiques et « cultures » prime sur une horizontalité malheureusement trop présente dans nos rapports au quotidien.
    En tant qu’acteur engagé dans le domaine équin, il m’est évidement simple de faire remarquer que la représentativité de tous les professionnels ne me semble pas respectée, et que plusieurs grand courants qui alimentent la profession et s’intéressent aux questions déontologiques n’auront pas voix au débat. Mais pour celà, je n’ai aucune solution immédiate sauf à lancer une campagne d’information. Et aucune à long terme en dehors du lancement d’Etats Généraux permettant un recensement précis et une analyse culturelle et statistique de nos filières. Et la constitution d’un syndicat interprofessionel neutre et véritablement représentatif, qui permettrait de remplacer bien des groupements difficilement identifiables. Mais nous sommes là encore confrontés au problème des moyens et du clanisme.

    Pour autant, et c’était le sens général de mon commentaire, je trouve également votre pari osé, et ce genre de défi stimulant a de quoi attiser l’intérêt : c’est pourquoi je serais personnellement très intéressé pour y prendre part et apporter aux relecture à venir ma tonicité tempérée.

    Nicolas Emond

    PS : et toutes mes excuses à AS Mathieu, j’ai confondu Pas à Pas Handicheval avec le Pas à Pas de V. Rivière

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    margurite weith
    mai 11th, 2009 at 13:41

    ce commentaire est probablement trop tardif, et se rapporte aux remarques de Nicolas E. concernant les représentants « chevaux » au GERMA:
    Fanny Bougault,de la FFE a été invitée à plusieures reprises, et s’est excusée.Par contre, il y avait chaque fois des représentants de la FFE région Alsace.
    Actuellement, le Dr.martine Roegel, medecin conseiller reg. de jeunesse et sports alsace, mais aussi présidente de la commission « handicap » du CREA, (comité reg. equitation alsace) est très active au germa.
    A première vue, et sauf si je me trompe, les différentes tendances « relation d’aide par le cheval » me semblent représentées.
    marguerite weith

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    Nicolas E
    mai 13th, 2009 at 21:02

    Bonsoir Marguerite,

    Votre commentaire n’est pas tardif, pas plus que dénué de fondement.
    J’entends que le Germa a essayé de regrouper plusieurs tendances, et sans doute au-delà de ce que j’imaginais. Mais de là à dire que les différentes tendances y sont représentées (du moins en ce qui concerne le cheval), il y a un pas.
    Mon objection concerne l’idée qu’il est trop difficile de naviguer sur un grand bateau, et qu’on a cherché à représenter « significativement » les différentes grandes tendances. Or, si on regarde la composition du Germa, la Fitram y est représentée directement, ainsi que 9 de ses membres. Et il y a encore une hiérarchisation quand on sait que plusieurs associations ont plusieurs membres représentés, et que plusieurs membres sont représentés à la fois directement , par leur fédération de premier ordre, et par une fédération de leur fédération.
    Dans ce cadre, j’ai du mal à comprendre pourquoi d’autres organismes importants (on pourrait citer l’IFZ, la SFE, Operrha, l’EFZ, Epona Istres, Ferme Saint-Victor…), avec lesquels il n’existe actuellement pas de lien institutionnel, n’ont pas eu voix au débat alors qu’ils ont sans doute chacun un point de vue plus « original » sur la question des AAA que ceux qui sont déjà en accord au sein de la Fitram.

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