Sandie Bélair juin - 19 - 2017
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Pas de vignette clinique en soi aujourd’hui mais plutôt l’histoire d’une (de) rencontre(s)… Cet écrit n’est donc pas une étude de cas ni le bilan d’un suivi thérapeutique.

Il y a quelques mois, je reçois une nouvelle petite patiente au cabinet. Pour cette première rencontre, elle est accompagnée de son père. A ma question habituelle : « que puis-je faire pour vous ? » Le papa évoque différents symptômes de sa fille qui se retrouvent dans les troubles anxieux. Il poursuit en me précisant qu’ils ont vu ma plaque professionnelle: « Nous avons alors fait des recherches avec ma fille et nous avons vu que vous étiez accompagnée par un chien… Dubaï ». La jeune fille, assise près de son père, très en retrait et intimidée, se met alors à sourire en regardant mon partenaire canin dormir près de moi… Ils m’expliquent alors tous deux qu’ils partagent des lectures, échangent à leur sujet, et que le dernier livre qu’ils ont lu parle d’une psychologue avec un chien. « Nous avons donc été séduits par votre approche et ma fille a accepté de vous rencontrer ».

 

© Photo Sandie Bélair

 
La façon dont cette enfant et son père arrivent dans mon bureau est assez singulière. La vie et les signes qu’ils ont perçus les ont conduits à notre rencontre… Je leur précise que je trouve que c’est une belle histoire cette demande et cette rencontre. En souriant, je questionne tout haut : « mais serais-je à la hauteur de l’héroïne de votre roman et mon Super-Toutou répondra t-il lui aussi à vos attentes »?

Au cours de cet entretien, nous évoquons également le désir de la jeune fille d’avoir un chien. Ses parents hésitent mais y pensent. En relation avec l’Ecole des Chiens Guides de ma région depuis plusieurs années, je leur conseille de la contacter car parfois elle cherche des familles d’accueil pour des chiens réformés ou retraités.

Nous nous séparons après avoir convenu de nous revoir, dans un premier temps, de manière hebdomadaire en présence de Dubaï et nous ajusterons les séances au fil du temps en fonction du travail thérapeutique et du désir de l’enfant.

Quinze jours plus tard, la jeune fille m’annonce qu’une chienne-guide est chez eux pour un essai, ils sont en lien avec l’éducatrice et le psychologue de l’Ecole. Elle en est très heureuse. Les séances avec Dubaï se poursuivent en parallèle. Nous apprenons à nous connaître et à créer du lien, la problématique de l’enfant est mise au travail et le travail thérapeutique est en cours. Elle évoque également ce qu’il se passe à la maison avec la chienne, entre elle deux mais également entre les membres de la famille. Et cela enrichit nos échanges et m’apporte un certain nombre d’informations sur le plan clinique.

 

© Photo Sandie Bélair

 
Au bout de quelques semaines, elle me précise que l’animal fait maintenant partie de sa famille et ce de manière définitive. L’essai a été concluant. La chienne permet, notamment, à sa nouvelle petite maîtresse d’entrer, plus facilement, en relation avec les autres lors des balades et à se sentir moins seule. En parallèle, nos rencontres au cabinet continuent et évoluent. Dubaï est toujours là et cette jeune fille s’anime en parlant de ses « deux » partenaires canins.

Il y a peu, nous avons décidé d’orchestrer une rencontre entre les deux chiens lors de la séance hebdomadaire. Un cadre singulier pour cette rencontre, certes, mais un cadre (travaillé au préalable) qui a du sens au regard des séances et de l’évolution de l’enfant, de ses mouvements psychiques (j’insiste sur la notion de cadre thérapeutique en médiation animale, ce n’est pas l’animal en soi qui est thérapeutique mais le cadre posé et le sens donné à ce qui se joue dans la rencontre thérapeutique, l’animal apporte une plus-value à la rencontre avec soi/avec l’autre).

 

© Photo Sandie Bélair

 
Ce fut riche et très valorisant pour cette jeune fille. J’ai envie de dire que cette rencontre, à quatre, a marqué la fin de quelque chose et le début d’autre chose ! Ce fut un levier puissant… il y a un avant cette séance et un après pour elle mais également dans la relation transférentielle…  et  j’ose aussi dire que cela fait écho avec mon parcours professionnel ! Mais je n’en dirais pas plus… cela m’appartient et est au travail !

Les vacances approchent, nous continuons de nous rencontrer avec seulement Dubaï mais envisageons déjà une prochaine rencontre avec son autre Super-Toutou !

Certains disent qu’il n’y a pas de hasard, qu’il n’y a que des rendez-vous… Et vous, qu’en pensez-vous ?

Sandie Bélair

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